Passer au contenu principal

Philippe Sionneau

#8663
Trebor
Participant

Je me dois de préciser que fondamentalement Philippe et Michel ont raison au sujet du problème des traductions et de leur non uniformisation. J'ai fais le tour de nombreux ouvrages et je suis obligé de reconnaître que les expressions employées par Philippe sont celles qui collent le plus à leur idéogramme. D'un côté ; il y a les peux nombreux puristes qui essayent de traduire le plus exactement possible les ouvrages et, de l'autre, tous les beaucoup plus nombreux qui n'ont pas compris qu'on ne peut pas réinventer la MC à la place des Chinois. Cependant, bien que les ouvrages de Philippe soient clairs, ils ne suffisent pas à eux seuls pour pratiquer la MC. Les synthèses faites par Maciocia, Auteroche, Sterckx, Lin Shishan, pour ne citer que ceux que je connais, amènent une mine indispensable d'informations pour la pratique. Et je ne parle que de l'acupuncture-moxibustion, seule discipline que je connais. Il nous appartient aussi de faire le tri en fonction de notre pratique et de nos besoins.

Dire du mingmen qu'il tonifie le yang, les reins, les lombes et le jing, c'est beaucoup de mots pour remplir des livres, mais c'est un peu la même chose. Si je tonifie et réchauffe mingmen, forcément, je tonifie le yang et pas les tilleuls de mon jardin, il s'agit des reins et pas des poils des aisselles, ça se passe aux lombes et pas au gros orteil gauche, il s'agit du jing et pas du guqi du poulet roti. Je n'ai jamais considéré que le livre de Khafaji était un indispensable classique, pas plus que ceux consacrés aux points et rien d'autre… et il y en a ! Ce sont évidemment les livres les plus faciles à écrire. Toutefois, il y a des auteurs qui se lancent dans les syndromes et les pathologies. Ce sont les ouvrages les plus difficiles à écrire et il faut un sacré courage pour oser le faire, cad confronter son écrit à une pratique clinique qui peut être critiquée par ses pairs. Ces auteurs le font, avec plus ou moins de bonheur, mais ils osent se mouiller et c'est honorable aussi. On peut considérer leurs livres, non comme des contenus fermés, mais ouverts, qui peuvent progresser avec le concours de leurs pairs.

Un autre écueil que je constate avec l'expérience de l'âge est que beaucoup savent écrire des théories, mais nous ne savons pas ce qu'ils font dans leur cabinet face aux patients. Elle est là l'épreuve de vérité, pas le nez dans les papiers.

Maintenant, il y a une autre constatation que je fais. Il y a ; d'une part, les forces apparentes du monde qui font que nous travaillons, corrigeons, progressons, essayons de trouver des solutions aux problèmes posés ; d'autre part, les forces souterraines qui font que, quoi qu'on fasse, le monde va là où il doit aller. Ces forces-ci, nous ne les trouvons qu'à l'intérieur de nous-même et le seul rapport que nous pouvons avoir avec elles, est le détachement. Alors, si le monde va de plus en plus vers "les beaucoup plus nombreux" qui veulent réinventer la MC, qu'ils le fassent. On peut aussi arrêter de lutter et accepter de travailler entre nous en ayant conscience qu'on ne changera pas l'univers. Cela ne signifie pas qu'on ne doit pas remettre les choses à leur place et le dire, seulement qu'on ne peut pas obliger les autres à le faire.

En attendant, vous constaterez que quand je réponds cliniquement, je suis clair et précis. Je donne des formules carrées, bien construites, qui "ratissent large" ; c'est la seule chose qui m'intéresse. Mais je ne me gêne pas pour dire que, même si j'ai créé ou amélioré des formules existantes, je travaille à partir de l'enseignement des anciens ; notamment des formules de Philippe, que j'adapte aux circonstances actuelles. Je n'oublie pas que je suis toujours sur une échelle.

Votre référence en médecine chinoise. Formations d'excellence et ressources de qualité pour les praticiens.

contact@sionneau.com

© 2026 Philippe Sionneau. Tous droits réservés.